Si la coordination entre les polices municipales et nationales est nécessaire, la première n'a pas à pallier le manque de moyens de la seconde

La police municipale n’a pas à pallier le désengagement de l’État

Conseil Municipal 13 juin 2016

Délibération 26 – convention police nationale et police municipale

Alors que la majorité municipale proposait de travailler à une meilleure coordination entre police nationale et police municipale, Nathalie Nail a tenu a préciser la position du groupe Le Havre à cœur : si les élus  du groupe sont favorables à la coordination entre les deux corps, la police municipale ne saurait cependant pallier au désengagent de l’État qui réduit les effectifs de la police nationale… C’est pourquoi les élus du groupe ont voté pour la délibération en question tout en dénonçant la politique de l’État.

Quelques mots sur cette convention, quand même, au moment où des questions se posent sur les conditions d’emploi des forces de police dans le cadre de l’État d’urgence ou pour assurer la sécurité des manifestations.

L’État doit réaffirmer son rôle régalien

La sûreté des citoyens passe par des moyens humains et financiers supplémentaires donnés à la Police, à la gendarmerie, ainsi qu’à la Justice. La baisse de 23 000 policiers, la suppression d’écoles de police sous la présidence Sarkozy a été une erreur gravissime, difficile à rattraper. Dans nos quartiers, nos concitoyens attendent des policiers de proximité qu’ils soient à leur écoute, qu’ils puissent intervenir rapidement si besoin, et surtout mener leurs enquêtes à terme. Il est demandé beaucoup aux policiers et plus encore depuis que nous sommes sous le régime d’état d’urgence. Ils doivent être exemplaires en toute occasion et remplir leurs missions dans le respect des lois et principes de notre République.

Lorsque l’on sait que les agents de la police nationale ont effectués plus de 80% d’heures supplémentaires sur ces six dernières années, il y a de quoi s’alarmer ! Au-delà de ce chiffre qui symbolise bien les méfaits de la Révision générale des politiques publiques prônées par Sarkozy, il faut souligner que cette politique met en danger les agents. En effet, à moins de personnels on assigne toujours plus d’objectifs à atteindre. Durée annuelle de travail des forces de l’ordre en 2007 : 1.500 heures environ pour la police nationale et jusqu’à 1.800 dans la gendarmerie.

Nous aurions souhaité, en ce qui concerne notre ville qu’un bilan des effectifs puissent nous être transmis, y compris pour la police municipale.

Quant à la convention, nous refusons, pour notre part toute concurrence entre les polices nationales et municipales, mais la police municipale n’a pas vocation à pallier au désengagement de l’État, et c’est pour cela que nous sommes pour la création d’un grand service public où seraient regroupés la police municipale, la police nationale et la gendarmerie nationale et où les rôles des différentes forces seraient clairement définis. Cette proposition aurait le don de clarifier le statut social du policier municipal pour qu’il soit reconnu et rémunéré à sa juste valeur.

Nous voterons donc cette délibération, l’enjeu étant d’assurer une intervention de qualité, mais en  parallèle, nous demandons à ce que l’État se réengage fortement sur le dossier et permette le rétablissement des effectifs de la police nationale à leur niveau de l’avant-Sarkozy et que les moyens matériels qui font gravement défaut suivent.

Et à l’occasion, puisqu’il en est question dans l’article 7 de la convention (annexe 1), à propos des missions, je voudrais savoir ou en est la table ronde qui devait être organisée à propos des problèmes de la rue Louis Blanc. Problèmes qui ont été endigués, juste après mon intervention ici même, à grand renfort de police municipale, mais qui a eu par ailleurs pour conséquence de détourner le trafic rue Montaigne…et qui ont aujourd’hui faute de mesures pérennes, repris de plus belle…On pourrait évoquer également les problèmes de la rue Léon Hallaure, à Bléville, pour lesquels il semble que nous ayons tous été interpellés.

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